River Plate mise tout sur l’année : Coudet sait que son poste dépend du classement en Copa Sudamericana

Tout ou rien. Eduardo Coudet mise une grande partie de son avenir ce soir au Monumental. Après le nul sans but à Bogotá, River déterminera à partir de 21h30 la série des huitièmes de finale contre Independiente Santa Fe de la Copa Sudamericana, tandis que Vasco da Gama attend déjà dans le tour des quarts. Sans plus de temps ni marge et avec seulement un match remporté parmi les huit derniers, ce sera un rendez-vous absolument déterminant pour l’entraîneur fort contesté des Millonarios. Gagner est devenu une obligation incontournable pour projeter l’avenir.

« J’ai parlé de temps et si je vois que les résultats ne se présentent pas je n vais pas faire du mal à River ni au fan. Je vais l’essayer. Si ça ne me réussit pas, j’assumerai que je n’ai pas réussi. Nous devons commencer à gagner, sans excuses et en assumant la responsabilité. Cela va changer. Si je ne le renverse pas tout de suite… je dirai que j’ai échoué ». Ces mots ont été prononcés par Coudet il y a 18 jours après la défaite face à Tigre, qui fut la quatrième défaite de suite lors des quatre premières journées du championnat local et la sixième consécutive en AFA, record historique négatif pour le club. Après ce jour-là, il réussit à reprendre son souffle avec la victoire 2-0 contre Argentinos, mais ensuite vinrent les nuls 0-0 contre Santa Fe à Bogotá et le incroyable 2-2 contre Vélez dans un Monumental qui a de nouveau pris la parole: il y eut des sifflets pour les joueurs et un reproche pour l’entraîneur après une seconde période préoccupante où sa lecture du match et ses réflexes pour bouger le banc ont été mis à l’épreuve.

Pour ce soir, Coudet sait qu’il n’a plus d’autres cartes à jouer, car il pourra compter pour la première fois sur son équipe “idéale” : tant Gonzalo Montiel, que Marcos Acuña et Sebastián Driussi reviendront à la titularisation après s’être remis de leurs blessures respectives et avoir été convoqués contre Vélez. La seule absence qui ne figure pas parmi les 20 convoqués est Lautaro Rivero, qui souffrait d’une contracture à l’ischio-jambier gauche à l’entraînement de ce mardi et a été écarté. Ainsi, l’équipe qui se profile pour jouer compte avec Santiago Beltrán dans les buts; Montiel, Martínez Quarta, Otamendi et Acuña en défense; Moreno au milieu central; Freitas, Andrada et Almada dans la ligne de création dans le cadre du possible 4-1-3-2; et Correa et Driussi, qui l’emporterait sur Rafa Borré pour obtenir sa première titularisation après une déchirure de 35 jours. Une équipe qui, par ses noms, est en mesure de jouer, de s’imposer et de gagner.

Pese au climat de définition attendu au Monumental, selon ce que LA NACION a pu apprendre, aujourd’hui la commission directrice que dirige le président Stefano Di Carlo, plus la cellule footballistique composée du secrétaire technique Enzo Francescoli et du directeur sportif Pablo Longoria, soutiennent et appuient entièrement l’entraîneur. Aucun dirigeant ne pense à un changement face à un mauvais résultat contre l’équipe colombienne. Ils comprennent que l’effectif n’a été complété que depuis deux semaines, que la pré-saison n’a pas été menée dans les meilleures conditions, reconnaissent les erreurs commises lors du renouvellement de l’effectif et pointent vers une évolution footballistique qui interviendra à court terme. Le propre Di Carlo l’avait soutenu il y a deux semaines: « À Coudet je le vois bien, avec de la force. Nous parlons quotidiennement avec lui et les références et nous trouvons unité, détermination et conviction. C’est du temps et ça va se retourner ».

Chacho a été choisi en mars, il fut l’un des grands acteurs du mercato par son insistance et ses contacts assidus pour pouvoir intégrer les joueurs qu’il a ajoutés à son effectif, son contrat est en vigueur jusqu’en décembre 2027 et ce n’est qu’en décembre qu’apparaît une clause qui permet à chacune des parties d’interrompre le lien de manière unilatérale et sans compensation financière.

Depuis lors, c’est aussi la posture de la commission directrice qui se comprend. Mais la volonté et la posture du DT sont ce qui peut marquer la rupture face à une défaite. Car de cette célèbre phrase « ceci est Vietnam » après la défaite contre Boca à aujourd’hui, quatre mois se sont écoulés et le présent est extrêmement plus complexe. Bien que l’effectif ait été renouvelé, les résultats sont bien plus négatifs, le temps s’est raccourci énormément et le questionnement général pointe vers sa direction en raison du manque de rendement d’une équipe qui dispose aujourd’hui de bien plus de matériel. Même dans sa posture verbale il est revenu à la défense. Un signe du moment.

Contre toute attente, River en août semble jouer l’année. Gagner est une obligation. Améliorer, aussi. Mais dans ce contexte, le résultat est devenu la demande prioritaire face à l’adversité. Il faut construire à partir d’une victoire qui le propulse. Car la marge semble devenir insoutenable avec une possible nouvelle élimination sur le dos. C’est pourquoi l’équipe du Chacho devra briser le mur, vaincre Independiente Santa Fe, mettre la crise de côté et se réinitialiser pour redevenir.