Russell Westbrook : la première page tournée d’un livre infiniment émotionnel

Russell Westbrook vient de mettre fin à sa carrière. Une icône du basketball se retire, emportant avec elle une part de l’identité sportive qui accompagnait un grand nombre de fans. Il est le premier grand nom d’une génération précieuse, celle des années 2010, à dire stop. Un rappel brutal du temps qui passe. Les exploits, eux, resteront gravés à jamais. 

Ces mots ne sonnent pas nécessairement comme une dure vérité, et pourtant ils donnent une impression étrange à écrire. Cette sensation étrange de sentir qu’on perd quelque chose. Même si cela ne bouleverse pas immédiatement notre activité actuelle, cela nous pousse à réfléchir en silence, profondément. On y reviendra d’ailleurs un peu plus tard.

On pense bien sûr à Russell Westbrook, à ses performances monumentales, au joueur hors norme qu’il a été. À l’exemple de sa résilience qu’il a souvent montré, notamment à Oklahoma City, où son nom finira par briller au plafond d’un lieu qui l’a érigé en légende absolue.

Russ n’a rien obtenu sur le plan collectif. Non, il a toujours manqué son coche. 2012 et 2016 auraient pu être des années de gloire. Pour autant, et contrairement à un grand nombre d’autres, qui terminent leur carrière en NBA avec une bague au doigt, il a marqué les esprits de manière unique.

Le show, la vitalité, les gestes mémorables. L’histoire aussi, avec une saison statistiquement incroyable, que l’on croyait appartenir à une autre époque. Des trophées individuels, dont le graal suprême, le MVP, qui témoignent collectivement de son immense talent.

Russell Westbrook restera considéré comme quelqu’un de résilient. Il n’a jamais abandonné. Il a tenu bon du début à la fin de sa carrière. Pas de titre, certes, mais pas de bavure non plus, et une image qui s’en trouve bien impactée, positivement. On peut aimer son jeu, le placer parmi les plus grands. On peut aussi le détester, pointer du doigt ses échecs collectifs qui, d’une certaine manière, rendent cette annonce amère, presque injuste.

Mais, et on revient au point de départ, quoi qu’il arrive, on continue de réfléchir. Car Russell Westbrook porte avec lui, pour beaucoup d’entre nous, les premières années du basket NBA, une période de jeunesse et d’insouciance. Il ouvre la voie à une longue lignée. Kevin Durant, James Harden, Stephen Curry, LeBron James. Son annonce inaugure la première étape de cette caste, douloureuse. Celle du temps qui passe et qui ne se saisit pas.