Paolo Banchero ambitionne une saison de revanche. Après une campagne décevante, tant sur le plan personnel que collectif, l’intérieur italo-américain doit prouver sa valeur et honorer son contrat de 239 millions de dollars, entrant dans la première année du nouveau pacte signé en 2025.
À son arrivée à Orlando en 2022, le natif de Seattle a insufflé un nouvel élan à une franchise Magic qui n’en avait pas connu pareil depuis longtemps. Choix n°1 de la Draft, il a été Rookie de l’Année puis All-Star. Ses prestations ont même convaincu les dirigeants de lui offrir un contrat max. Mais à l’aube d’entamer ce dernier, tout le monde s’accorde à dire que P5 va devoir progresser d’un ou deux niveaux.
Car oui, le Magic a été en difficulté la saison dernière, et c’est aussi en partie la faute de Paolo Banchero. Le numéro 5 a reculé statistiquement et a montré les mêmes tares que depuis son entrée dans la Ligue. Concrètement, il n’a pas répondu aux attentes l’an passé.
Quels axes d’amélioration pour Paolo Banchero ?
Après une saison 2025-26 affichant en moyenne 22,2 points, 8,4 rebonds et 5,2 passes, on pourrait croire qu’il a sorti une ligne statistique impressionnante. Mais en examinant de plus près, son pourcentage général n’atteint que 45,9% avec seulement 30,6% de réussite derrière l’arc, ce qui n’est pas rassurant dans une Ligue de plus en plus centrée sur le tir extérieur. Une inefficacité qui le suit depuis ses débuts en NBA. Si les premières années avaient l’excuse de la découverte, les attentes ont désormais changé de registre.
La saison écoulée, le langage corporel a aussi livré certains signes d’agacement. Le joueur a parfois semblé frustré, agacé, et ses dissensions avec Jamahl Mosley ont été fréquemment évoquées par la presse américaine. Après une troisième élimination au premier tour en autant de participations en Playoffs, l’ancien entraîneur a été remercié et remplacé par Sean Sweeney, qui était alors adjoint de Mitch Johnson aux Spurs.
Aussi, en l’absence d’un pur meneur de jeu (Jalen Suggs, Anthony Black et Jase Richardson affichant tous des profils de combo-guards), Banchero est contraint de porter le ballon en alternance avec Franz Wagner. Lorsque l’Américano-Italien prend les commandes, l’attaque peut se révéler parfois statique et longue à mettre en place, le jeu devient lacunaire et manque de spontanéité, même si quelques fulgurances individuelles peuvent être décrochées. Le bénéfice du doute, avec le remplacement de Mosley, demeure présent pour l’instant…
Autre élément qui joue contre P5, le Magic a connu l’an passé une série de victoires impressionnante… mais surtout lorsqu’il était blessé, et cette dynamique s’est rapidement effacée à son retour. D’aucuns n’ont pas manqué d’estimer que l’équipe semble parfois plus performante sans lui.
Et Orlando continue sa remontée fantastique au classement : 9 victoires sur les 11 derniers matchs !
Pas fan des genres de « débats » récents autour du Magic qui jouerait mieux sans Paolo Banchero (?!), c’est un excellent groupe qui vit bien sans lui mais il ne faut pas pousser l’argument trop loin…
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) December 2, 2025
Si la saison passée, Mosley a été (à raison) la cible de nombreuses critiques, le bouc émissaire désigné n’est désormais plus là. La saison prochaine, c’est bien Paolo Banchero qui sera en première ligne face aux critiques et qui pourrait bien devenir le responsable des déboires du Magic, surtout s’il répète les mêmes erreurs avec un second coach qui pourra difficilement faire pire que son prédécesseur sur le plan offensif.
Le contrat max comme niveau d’exigence
Vous l’avez compris : P5 va être scruté de près, il est la tête d’affiche du projet du Magic, il a clamé haut et fort ses ambitions collectives et personnelles, et le coach avec qui ses désaccords étaient connus a été remplacé. Tout est en place pour faire mieux, les paroles sont belles, mais elles n’auront de sens que quand elles seront suivies par la réalité du terrain.
Banchero tournait à plus de 25 points de moyenne en 2024-25, on sait donc que ces standards sont dans ses cordes, et les prochains mois nous indiqueront clairement si la baisse au scoring de l’an dernier était purement circonstancielle ou réellement inquiétante pour l’intérieur d’Orlando.
Bien au-delà des chiffres, qu’il tourne à 20 ou 25 points de moyenne n’est pas si important que ça, le vrai juge de paix sera de voir la fluidité de l’attaque du Magic, son efficacité au tir et son entente avec Sean Sweeney. De ces paramètres dépendra le futur bilan du Magic, qui entend bien accrocher les 50 victoires cette saison. Nul doute que chez Mickey, on préfère un P5 qui tourne à 20 points de moyenne mais qui se mue en vrai leader vocal et montre l’exemple, plutôt que de le voir tourner à 25 points mais à des pourcentages cradingues et avec un bilan tout juste à l’équilibre.
Avec ce contrat max qui le paiera plus de 40 millions la saison, Paolo Banchero entre dans la cour des grands. Le Magic a vu en lui le potentiel d’être l’un des tout meilleurs de la Ligue. Le joueur a prouvé qu’il pouvait hausser son niveau de jeu en Playoffs, comme en témoigne son Game 7 face à Detroit, mais pas qu’il était capable de passer un tour. Et encore moins d’être efficace en attaque, là où il est attendu au tournant.
Paolo Banchero a TOUT DONNÉ dans ce Game 7 :
🔸 38 POINTS
🔸 9 REBONDS
🔸 6 PASSES
🔸 14/25 AU TIR
Saison faite de hauts et de bas pour lui mais dans le match le plus important de la saison, Banchero a quasiment été irréprochable.
Dommage qu’il ait dû jouer à 1 contre 5… pic.twitter.com/7wfDFAaRB4
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) May 3, 2026
Désormais, plus de temps à perdre, à un tel tarif, il va falloir cravacher, sous peine d’entrer dans la pénible conversation des contrats pourris de la NBA. Paolo Banchero a les qualités pour y parvenir, y a plus qu’à !