Après le départ de Ja Morant, quelle identité pour les Grizzlies de Memphis ?

Ja Morant a pris le chemin des Portland Trail Blazers cet été, marquant ainsi la fin d’un chapitre pour les Grizzlies et annonçant officiellement leur période de reconstruction. Une fois le bouton rouge actionné, quelle identité va dorénavant arborer la franchise des Oursons ?

À Memphis, la direction a choisi de mettre un terme rapide à un projet qui restait stimulant et porteur de quelques succès, sans jamais réellement atteindre les sommets escomptés, à savoir une finale de Conférence en 2022 face aux Warriors, qui deviendraient plus tard champions NBA. Beaucoup ont apprécié ces Grizzlies, d’autres les ont aimés détester, mais dans tous les cas peu de spectateurs sont restés indifférents. Désormais, la franchise semble opter pour une toute nouvelle trajectoire, clairement tournée vers l’avenir et une reconstruction qui s’impose peu à peu.

Ja Morant, le dernier vestige des anciens Grizzlies

Évidemment, évoquer les « anciens Grizzlies » peut sembler audacieux pour ceux qui ont connu l’ère Grit and Grind avec des meneurs tels que Zach Randolph, Tony Allen ou Marc Gasol, sans oublier l’époque où c’était son frère Pau qui portait le maillot. Pourtant, ce nom résonne comme une référence désormais lointaine et, par conséquent, ce terme retrouve tout son sens ici.

Ja Morant, Desmond Bane, Jaren Jackson Jr. et Dillon Brooks faisaient autrefois partie du noyau affûté de ces Grizzlies qui avançaient sans crainte dans les années 2020. Aujourd’hui, ils appartiennent tous à d’autres équipes. Certains ont été échangés en échange d’une pluie de jeunes talents et de futurs précieux choix de Draft, ce qui illustre la volonté des dirigeants de regarder vers l’avenir et de lancer une reconstruction devenue de plus en plus évidente.

Jaren Jackson Jr. et Desmond Bane sont ceux qui ont assuré l’essentiel en apportant les premiers tours de Draft, soit sept choix au total sans compter les échanges. Au Jazz, Memphis a aussi acquis Taylor Hendricks et Walter Clayton Jr., deux jeunes joueurs prometteurs qui aspirent à s’imposer et à briller sous les projecteurs.

Ja Morant était le dernier symbole de cette génération à Memphis. Autrefois perçu comme le moteur du renouveau dans le Tennessee, il incarnait un vent de fraîcheur en NBA grâce à ses actions spectaculaires et son verbe haut en couleur. Il faisait lever les foules et semblait générer un flux constant de moments forts, mais son parcours s’est terni, et sa popularité a rapidement chuté en raison de ses soucis extra-sportifs, de ses incidents impliquant des armes et d’un entourage qui a suscité des interrogations. Ses performances sur le terrain en ont été affectées, et un transfert est alors apparu comme la meilleure solution pour toutes les parties concernées.

🚨 OH WOW, JA MORANT AUX BLAZERS !

ÉNORME (ET INATTENDU) TRANSFERT 😱😱

JERAMI GRANT ET KRIS MURRAY VONT À MEMPHIS. https://t.co/nW1CPvY9ud

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) June 29, 2026

En définitive, Ja Morant rejoint les Portland Trail Blazers en échange contre Jerami Grant et Kris Murray notamment. La page est tournée au Tennessee : le dernier représentant de ce groupe a pris le large et il est désormais temps d’entamer une reconstruction qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, mettant fin à un chapitre chargé d’espoirs mais qui s’est finalement terminé sans vraie consécration.

Chez Elvis, tout le monde regarde désormais vers l’avenir. Ce collectif n’a pas répondu aux attentes initiales et il fallait tout recommencer pour bâtir quelque chose de nouveau, qui prendra sans doute du temps, mais qui pourrait offrir de nouvelles perspectives dans les années à venir.

Alors, c’est quoi la suite à Memphis ?

Évidemment, l’objectif principal ne sera pas les Playoffs immédiats, mais il y a déjà de quoi engranger quelques victoires, surtout avec la nouvelle approche anti-tanking mise en place par la NBA. Avec dix choix au premier tour sur les cinq prochaines saisons, Memphis s’est armé pour attirer des talents prometteurs, et s’ils devront bien utiliser ces picks, ce sont des ressources non négligeables dans le cadre de la reconstruction. Demandez aux fans du Thunder ce qu’ils en pensent.

Entre-temps, la franchise a utilisé l’un des choix d’Orlando, transféré dans le cadre du deal de Desmond Bane, pour se rendre à la Draft et obtenir Cedric Coward en 2025. L’ailier est l’une des bonnes surprises de sa génération et apporte déjà des garanties sur le plan offensif. À l’aube de sa troisième saison NBA, il pourrait encore progresser, continuer son ascension et ainsi limiter les interrogations autour de son nom de famille.

Cet été, la loterie a été d’une grande clémence pour les Grizzlies, qui ont pu se placer à la troisième position. Un coup de pouce du destin qui leur permet d’arracher Cameron Boozer, en provenance de Duke. Le fils de Carlos Boozer a déjà convaincu dans le Tennessee par sa polyvalence et son sérieux, et l’impression laissée par lui en Summer League est extrêmement positive. Il se dessine déjà comme le futur visage de la franchise et nul doute que les dirigeants construiront autour de lui et lui confieront rapidement des responsabilités dès sa saison rookie.

🐻 LES GRIZZLIES CHOISISSENT CAMERON BOOZER AVEC LE 3RD PICK DE LA DRAFT NBA 2026 !

Direction Memphis pour le fiston de Carlos ! pic.twitter.com/2a1kjjbmj3

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) June 24, 2026

Le vivier de jeunes talents à Memphis s’étoffe déjà de belle manière. Zach Edey impose une présence robuste dans la raquette, Scotty Pippen Jr et Jaylen Wells restent à l’œuvre et renforcent la discipline défensive, Taylor Hendricks, Walter Clayton Jr. et plus récemment Jordan Hawkins sont arrivés et chercheront à contribuer dès le premier jour, tout en s’efforçant de gagner leur place. Par ailleurs, des joueurs expérimentés comme Ty Jerome, D’Angelo Russell, Jerami Grant ou Isaiah Stewart offrent une garde-fou solide, encadrent la jeune garde et leur donnent des missions claires sur le parquet. Autant d’éléments propices à montrer la voie à la relève qui n’attend que son heure pour briller.

Avec le bagage déjà impressionnant de Cam Boozer et Cedric Coward qui veulent continuer leur progression en seconde année, Memphis prend une direction axée sur la polyvalence, s’appuyant sur deux figures de proue d’un projet qui prend forme progressivement. L’objectif est de bâtir une attaque séduisante et une défense suffisamment robuste. Certes, le retour du « reboot » de Tony Allen n’est pas imminent, mais en assemblant un effectif cohérent autour des jeunes et d’un veteran comme Isaiah Stewart, qui incarne l’identité, les dirigeants semblent avoir une vision claire et mesurée.

Tuomas Iisalo est toujours en place et devra aussi mettre en place une rotation qui intègre les recrues. Une rotation qui avait suscité des débats l’an passé, alors qu’il cherchait à modifier régulièrement ses alignements et à ne jamais laisser un joueur sur le parquet plus de six minutes d’affilée. Un style résolument européen pour l’entraîneur finlandais, qui a mené ses équipes vers le succès jusqu’ici. L’objectif sera d’imposer une identité bien marquée dans le cadre NBA et de tirer le meilleur de chacun pour former une équipe qui, dans un premier temps, ne gagnera peut-être pas 60 matchs, mais qui affichera une discipline sans faille et une proposition offensive séduisante. Le parcours est assuré par un effectif talentueux où les places sur le parquet seront tout sauf garanties.

Les Oursons ne sont encore qu’au tout début de leur reconstruction, et il est difficile de faire retomber des certitudes vertigineuses. Il reste de nombreux choix de Draft et des talents susceptibles de tout faire basculer dans les années qui viennent. Cependant, il est clair qu’ils ne recréeront pas les Grizzlies tels qu’ils l’étaient avec Ja Morant, et les bases initiales laissent entrevoir une éthique de travail plus polyvalente, autour de Cam Boozer et de joueurs tenaces, chacun avec un rôle clairement défini.

Alors oui, le présent peut sembler délicat et peu réjouissant, mais l’avenir semble être-porteur de promesse dans le Tennessee, grâce à des talents à profusion et à un coach qui, malgré les doutes qui l’accompagnent, gagne chaque jour en affirmation. Memphis est en train de redescendre pour mieux remonter.