Utah Jazz : aperçu complet de la saison 2026-27

La NBA revient à partir du 20 octobre et, qui dit début de saison NBA, dit forcément 30 Previews en 30 Jours. Vous connaissez le procédé : période estivale, effectif, projections et bien sûr pronostics, afin de connaître chaque équipe sur le bout des doigts avant le coup d’envoi. Au menu aujourd’hui ? Le portrait du Utah Jazz.

Ce qu’il s’est passé la saison dernière

Lors d’une saison NBA marquée par la mania du tanking (chercher à perdre le plus possible pour obtenir le meilleur choix de draft), le Jazz d’Utah s’est rangé parmi les formations qui ont élevé cette pratique au rang d’art. En tout, 22 victoires enregistrées, avec un impressionnant 8 victoires pour 35 défaites sur les 43 derniers matchs.

Au cœur de ces séries de revers, Utah a écopé d’une amende de 500 000 dollars en février pour avoir reposé des joueurs aptes à évoluer (notamment lors des quatrièmes périodes de rencontres serrées). Le Jazz a ainsi joué un rôle majeur dans l’adoption des nouvelles règles anti-tanking par la NBA et dans le nouveau système de tirages. Bravo, les gars ! Dans ce contexte, Lauri Markkanen n’a disputé que 42 matchs au total, et Keyonte George 54, des joueurs qui semblaient un peu trop performants pour rester sur les bancs. Walker Kessler, lui, n’a participé qu’à cinq rencontres avant une intervention à l’épaule en novembre.

Le point culminant de la saison dernière fut probablement le transfert de Jaren Jackson Jr. avant la date limite des échanges, contre trois choix de premier tour (et aussi Taylor Hendricks, Walter Clayton Jr., Kyle Anderson et Georges Niang). JJJ, Défenseur de l’Année en 2023 et double All-Star, a toutefois dû subir une opération du genou dans la foulée (seulement trois matchs joués).

Les nombreuses absences évoquées ci-dessus ont permis à certains jeunes de se mettre en évidence : Ace Bailey, nommé dans la NBA All-Rookie Second Team après une première campagne à 14 points de moyenne. Brice Sensabaugh a pris feu en fin de saison dans des matchs sans enjeu, Kyle Filipowski a signifié plusieurs prestations autour de 20 points et 10 rebonds, tandis qu’Isaiah Collier a distribué 22 passes lors d’un match à Indiana.

Le marché de l’été

  • Ils s’en vont : Walker Kessler, Kevin Love, Cody Williams, John Konchar, Oscar Tshiebwe, Bez Mbeng, EJ Harkless
  • Ils prolongent : Keyonte George, Jusuf Nurkic
  • Ils rejoignent : Darryn Peterson, Jaxson Hayes, Josh Green, Josh Okogie, Mo Bamba, Harrison Ingram, Tamar Bates (two-way), Trey Alexander (two-way)

L’intersaison a été globalement calme du côté de Salt Lake City, le gros mouvement ayant eu lieu en février avec l’arrivée de Jaren Jackson Jr. en provenance des Memphis Grizzlies. Néanmoins, on retient trois transactions majeures qui ont animé l’été du Jazz :

1) Le départ de Walker Kessler, envoyé aux Lakers dans le cadre d’un sign-and-trade, en échange de deux choix de premier tour et de deux swaps de premier tour. Un paquet plutôt séduisant pour un pivot prometteur mais dont la prolongation aurait pesé lourd (130 millions). Pour compenser, Utah a signé l’intérieur Jaxson Hayes, tandis que Jusuf Nurkic a été prolongé.

2) L’arrivée de Darryn Peterson, sélectionné au deuxième rang de la Draft NBA 2026. Le jeune arrière formé à Kansas est fréquemment considéré comme l’un des plus grands talents de sa cuvée et possède un potentiel offensif impressionnant. De quoi nourrir les espoirs dans l’État mormon.

3) La prolongation toute récente de Keyonte George, qui entrera dans la dernière année de son contrat rookie et qui a signé un bail de 157 millions de dollars sur cinq ans, après l’excellente progression montrée lors de sa troisième saison.

Dans les autres mouvements de l’été, on note le départ du vétéran Kevin Love (libéré), l’arrivée du vétéran Josh Okogie et surtout la fin du projet Cody Williams. Le frère de Jalen Williams, sélectionné à la 10e place de la Draft 2024, a été envoyé chez les Wolves en échange du plus expérimenté Josh Green. Williams (21 ans) a vécu des débuts de carrière compliqués à Utah, qui apparemment ne croyait plus en lui.

L’effectif 2026-27 du Jazz

  • Meneurs : Keyonte George,
  • Isaiah Collier, Tamar Bates (two-way)
  • Arrières : Darryn Peterson,
  • Josh Okogie, Josh Green, Svi Mykhailiuk, Trey Alexander (two-way)
  • Ailiers : Ace Bailey, Brice Sensabaugh, Blake Hinson, Harrison Ingram
  • Ailiers-forts : Lauri Markkanen, Jaren Jackson Jr.
  • Pivots : Kyle Filipowski, Jusuf Nurkic, Jaxson Hayes, Mo Bamba

Après plusieurs années à regarder vers le bas, le Jazz devrait être bien plus compétitif cette saison. Et pour cause : sur le papier, l’équipe commence à avoir fière allure.

Sur le backcourt, on tiendrait un duo extrêmement talentueux avec Keyonte George et Darryn Peterson. Du scoring, de la créativité offensive, du playmaking et du tir, autant dire que ça promet ! La jeunesse du duo et l’absence d’automatismes se traduiront inévitablement par quelques erreurs un soir ou l’autre, mais on a hâte de les voir à l’œuvre.

Sur le frontcourt, un autre duo pourrait faire des étincelles : Jaren Jackson Jr. et Lauri Markkanen. Le premier est un ancien DPOY capable d’afficher environ 20 points par match, tandis que Boucle d’Or est l’un des joueurs les plus doués offensivement de toute la ligue (27 points par match l’an passé). C’est aussi intriguant qu’excitant.

Reste à voir qui sera associé à leurs côtés par l’entraîneur Will Hardy : on mise sur Ace Bailey sur le aile, lui qui a gagné en impact durant sa saison rookie. Mais on n’écarte pas la possibilité d’un pivot véritable dans le cinq pour ajouter une présence solide au rebond après le départ de Kessler, avec Lauri qui se recentre au poste 3 (ce qui risque néanmoins de poser de véritables questions défensives).

Au niveau de la rotation de reserve, il y a du monde capable de contribuer. Isaiah Collier, Brice Sensabaugh ou encore Kyle Filipowski ont tous démontré qu’ils pouvaient produire dès qu’on leur donnait du temps de jeu. Maintenant, ils devront aider une équipe qui vise les victoires plutôt que le tanking, et ce n’est pas tout à fait la même dynamique. Josh Okogie apportera de la défense et de l’expérience à ce groupe ambitieux, sans oublier Josh Green qui peut aussi rendre service.

Une petite vidéo en passant ?

TTFL : les joueurs du Jazz à suivre

Lauri Markkanen en priorité, mais pas seulement.

Avec une moyenne autour de 27 points et 7 rebonds, l’intérieur finlandais est un choix TTFL qui peut rapporter gros. On devrait à nouveau faire appel à lui cette saison, même si ses chiffres risquent de diminuer dans une équipe qui dispose de plus d’armes qu’auparavant. L’arrivée du rookie Darryn Peterson et de Jaren Jackson Jr. devrait en effet répartir le scoring de manière plus équilibrée à Utah. Cela vaut aussi pour Keyonte George, qui tournait autour de 23 points et 6 passes par match la saison dernière.

Qu’attendre du Jazz cette saison ?

Il existe du talent, de la jeunesse, des joueurs du calibre All-Star dans leur prime, et un véritable potentiel collectif. Vous l’avez compris : les raisons d’être emballé par ce Jazz 2026-27 ne manquent pas. Et les attentes sont nettement plus élevées que lors des années passées.

Après quatre saisons au bilan négatif, qui ont servi à détruire puis reconstruire, Utah veut désormais jouer les trouble-fêtes. Objectif : se battre pour une place en Playoffs à l’Ouest, via le play-in ou même en se positionnant dans le Top 6 de la conférence. Ce serait une première depuis 2022 et l’époque du duo Donovan Mitchell – Rudy Gobert.

Avec l’arrivée de Darryn Peterson et Jaren Jackson Jr., le plafond de cette équipe s’élève sensiblement des deux côtés du terrain. On sait aussi que Keyonte George a franchi un cap l’an passé (il était dans les discussions MIP…), que Lauri Markkanen poursuit sa meilleure saison statistique et que le roster compte d’autres joueurs capables d’apporter chaque soir. Utah peut aborder chaque rencontre avec détermination et ardeur.

Il commence à avoir de la gueule ce projet du Jazz :

Keyonte George
Darryn Peterson
Ace Bailey
Lauri Markkanen
Jaren Jackson Jr

Collier, Sensabaugh, Filipowski sur le banc.

Plein de picks, 38 millions de marge sur la Luxury Tax, toute la Mid-Level Exception…

Me Gusta🔥🥵 pic.twitter.com/R1975KvrIR

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) July 1, 2026

Au milieu de tout cela, il y a le coach Will Hardy. Le jeune entraîneur — 38 ans — entamera sa cinquième saison sur le banc du Jazz et, surtout, la première avec une équipe réellement taillée pour gagner des matchs. Il a beaucoup expérimenté jusqu’ici, sa mission ayant été de développer les jeunes, sans vraiment se préoccuper des résultats. Dorénavant, il lui faudra trouver les bonnes combinaisons pour extraire le plein potentiel de son effectif. Une belle opportunité pour mettre en œuvre ses concepts tactico-techniques (rythme de jeu élevé, écrans répétés, mouvement constant du ballon et des joueurs…).

Le Jazz risque toutefois de rencontrer des difficultés pour gravir les échelons à l’Ouest. Beaucoup d’automatismes restent à construire, il faut faire coopérer tous ces talents pour que leur somme se transforme en un vrai collectif, l’expérience au poste arrière est manquante et la défense demeure une interrogation malgré l’arrivée de Jackson Jr. Le départ de Kessler pourrait aussi peser dans la raquette, tant défensivement que sur le rebond. Et puis, il faudra éviter les blessures, ce qui n’est pas gagné compte tenu du caliber des joueurs.

Le pronostic du rédacteur : 41 victoires – 41 défaites

Quelques liens utiles

  • Les salaires du Utah Jazz pour la saison 2026-27
  • Les 10 bonnes raisons de suivre le Utah Jazz en 2026-27
  • Jazz : Will Hardy ne veut pas mettre Darryn Peterson dans une case
  • Utah Jazz : une équipe compétitive qui va faire allumer des League Pass