Procès du meurtre de Federico Martín Aramburú : la défense tente d’écarter l’idée de préméditation

Le prévenu d’avoir tué Federico Martín Aramburú en 2022 à Paris aurait dégainé son arme après que le rugbyman international argentin lui aurait infligé « une multitude de coups », a affirmé ce jeudi sa défense, qui cherche à affaiblir la thèse du meurtre prémédité.

Dans la nuit du 19 mars 2022, Loïk Le Priol, ancien militaire et militant ultranationaliste d’extrême droite, a tiré six fois sur Aramburú jusqu’à épuisement du chargeur, après une altercation sur la terrasse d’un bar en plein cœur de Paris. Quatre balles l’ont atteint.

Au début du procès, lundi, devant un tribunal de Paris, Le Priol a reconnu être « l’auteur de la mort » du rugbyman, mais a rejeté l’idée qu’il avait l’intention de le tuer : « J’ai tiré pour me défendre », a-t-il ajouté. Les circonstances précises du décès faisaient l’objet ce jeudi d’une discussion entre l’avocat de la défense Pierre-Henri Baert et un enquêteur interrogé.

Après une dispute et une première bagarre devant le bar, Aramburú et son ami Shaun Hegarty se dirigent vers leur hôtel. Le Priol les poursuit en courant pour « affronter » l’Argentin, selon l’enquêteur.

L’avocat de la défense lui a demandé pourquoi il avait dit « affronter » et non « tuer ». « Parce que je n’ai pas d’éléments pour l’affirmer », « je ne peux pas lire dans ses pensées », répondit-il.

L’ex-militaire a atteint le sportif 45 secondes après que son ami Romain Bouvier, jugé pour tentative d’assassinat, lui eut tiré dessus quatre fois. Aramburú et Le Priol se retrouvent immédiatement enlacés dans la mêlée et tombent au sol. Tous deux se relèvent et, selon la défense, l’ancien international des Pumas porte un coup violent qui aurait fracturé le nez du ex-militaire.

« Après ce premier coup de poing, Le Priol sort-il l’arme ? », demanda Baert. « Il ne me semble pas », répondit le policier.

Le Priol et le rugbyman argentin en viennent de nouveau aux mains, les coups de feu éclatent. « Aurait-il pu sortir l’arme dans un contexte de défense », a insisté l’avocat de la défense. « Dans un contexte de bagarre », nuança le policier.

Baert a affirmé que son client avait tiré d’abord deux coups d’avertissement, avant les quatre autres.

Les six tirs ont été effectués en quatre secondes, un laps de temps très court pour « laisser le temps à une personne de changer d’avis », précise le policier, qui rappelle qu’Aramburú n’était pas armé. Le verdict est attendu pour le 25 septembre. Le Priol et Bouvier restent soumis à une possibilité de peine de réclusion à perpétuité.

Agence AFP