Mondial 2026 : France, États-Unis et Belgique — enseignements de la phase de groupes

La phase de poules de cette Coupe du Monde féminine de basket 2026 est désormais achevée, et avec elle son cortège d’enseignements. L’équipe de France a été reçue sans faille, les États-Unis aussi mais en offrant le frisson du doute. La Belgique façon Hitman, aussi silencieuse qu’efficace… mais aussi pas mal d’autres points d’observation. Débriefing.

Les Bleues confirment leur aptitude opérationnelle

Trois rencontres, trois résultats qui placent le groupe dirigé par Jean-Aimé Toupane au rang des formations les plus en forme de ce début de tournoi. On peut dire que tout se déroule avec fluidité, et que, collectivement, les rares soucis ponctuels observés demeurent marginaux. Dominique Malonga l’a d’ailleurs rappelé sur beIN Sports ce lundi, après la large victoire contre le Nigeria : …

Voici l’essentiel de l’objectif poursuivi par les Bleues : rester lucides sans tomber dans l’excès de confiance, car le seul bémol de cette phase de poules, s’il fallait en trouver un, serait peut-être de ne pas avoir encore vu ce collectif vaciller lors d’un match. On pourrait se dire que les joueuses se disent cela aussi, et peut-être à raison. L’action est en place. Dominante, la maîtrise est parfaite.

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🗣 Dominique Malonga : « On veut se concentrer sur nous, pas sur l’adversaire ! » pic.twitter.com/GDZ6fbmtBV

— NBAextra (@NBAextra) September 4, 2026

On attend désormais que le collectif France réagisse. Quelle base de basket lorsqu’une machine tricolore connaît une entaille momentanée ? Comment mettre en œuvre le système pour trouver les tirs et éviter la panique ? Face à une telle dynamique, l’objectif demeure de casser le rythme au maximum pour hacher le jeu. Comment reprendre le contrôle ? Voilà tout l’enjeu de la phase finale. Le vainqueur sera surtout celui qui commettra le moins d’erreurs. Et l’immense avantage de la France, c’est d’aborder la fin de la première partie du tournoi sans en commettre une seule.

Team USA, 40 minutes qui alimentent le doute ?

Plus encore chez les femmes que chez les hommes, l’équipe des États-Unis est – historiquement – invincible. Ce samedi, cette invincibilité en tournoi majeur (Mondial, Jeux Olympiques) marquera ses 20 ans. Une statistique quasi folle, pour reprendre les mots. En 2024, les Bleues ont frôlé l’impossible, nos espoirs infinis ayant été réduits à la frustration d’avoir manqué de peu une page d’histoire sur le sol états-unien.

Pourtant, face à l’Italie, les Américaines n’ont pas été à la hauteur. Quand le géant chancelle, chacun s’imagine prendre sa place. Pensée séduisante mais dangereuse. Quarante minutes difficiles face à une démonstration d’énergie physique impressionnante, employée pour casser le rythme, gêner les actions rapides et pousser à du demi-terrain sur 24 secondes. La Nazionale n’a pas réussi son pari, car la défense américaine s’est montrée implacable sur les dernières possessions.

Et c’est à partir de là que la limite italienne a rompu le rêve. D’autres nations (la France et la Belgique en tête) auront désormais l’opportunité et les ressources pour porter le coup de grâce. Il faudra toutefois, pour arriver à ce genre de situation, déstabiliser une équipe qui s’est probablement jurée de ne plus jamais se faire surprendre.

La Belgique : rôle médiatique en retrait, rayon d’action sportif en évidence

Une nation qui attire moins l’attention que la France ou les États-Unis, mais qui dispose d’une sélection truffée de joueuses WNBA et du statut de stars outre-Atlantique. Quelle différence, et quel bonheur, pour un groupe qui évolue loin des feux des projecteurs, à l’inverse des deux poids lourds du tournoi.

Cette phase de poules rappelle tranquillement que la Belgique, sur le plan du palmarès — et peut-être du basket — demeure l’une des meilleures formations européennes de la décennie. Sans bavure, avec une couverture sûre face à la Tunisie, et deux victoires plutôt sereines contre Porto Rico et l’Australie. Un groupe porté par les grands noms qui ont façonné le succès actuel des Lionnes : Emma Meesseman, Julie Allemand, Julie Vanloo, Kyara Linskens.

Un adversaire potentiel pour les Bleues en demi-finale, redoutable et capable d’instaurer le doute dès les premières minutes. Surtout, qui saura répondre présent. Attention.

L’Espagne, seul réel outsider ?

Sortie en tête d’une poule incertaine jusqu’au bout, après une défaite contre une équipe maline, la sélection ibérique n’affiche pas le même scepticisme que les trois autres grands vainqueurs de groupe. Un chemin direct vers le titre les mènerait à croiser les États-Unis en demi-finale, en cas de qualification. Il faudrait alors réaliser une performance énorme, historique, monumentale. Comme pour les autres, on dirait que les Belges et les Français sont mieux armés dès le départ. Mais, comme souvent, l’Italie a ouvert la porte au débat.

Derrière l’Espagne, le niveau recule d’un cran. L’Allemagne s’en sort très bien après avoir frôlé la catastrophe à la deuxième journée, une élimination possible sur leur sol. Cela n’aurait pas été idéal, convenons-en. Le Japon, la Corée du Sud ? Il faudra d’abord se sortir des barrages, et donc ajouter un match supplémentaire à l’agenda. Tout semble déjà se diriger vers une discussion à trois équipes. Le basket peut réserver des surprises, mais il faudra alors pousser le destin très fort.