Nicolas Batum : l’indispensable joueur-liant de la NBA

L’un des grands enjeux en NBA, c’est de trouver un rôle qui permette d’être utile au sein d’une équipe et de durer en ligue. Nicolas Batum en est l’exemple-type. Le glue-guy ultime qui a su s’imposer outre-Atlantique durant 18 saisons.

Peu de basketteurs français ont été autant jugés sur des critères qui ne correspondaient pas à leur profil que Nicolas Batum. À ses débuts en NBA et après des premières saisons plutôt solides, les observateurs, s’appuyant sur le faible nombre de shooteurs tricolores après Parker, attendaient de Batman des moyennes autour de 20 points et des sélections All-Star régulières. Après tout, il avait le talent pour cela…

Oui… mais non. Bien sûr qu’il possédait un talent évident, des mains magnétiques même. Mais son génie ne s’exprimait pas par des démonstrations offensives, ni par des exploits individuels ou des tirs clutch constants. S’il avait forcé sa nature pour obtenir ce genre de chiffres, peut-être aurait-il marqué davantage, peut-être, mais serait-il resté aussi longtemps en NBA ? Probablement pas.

Nicolas Batum s’est construit dans la polyvalence. Il est devenu la référence du glue-guy dans la Grande Ligue. Un ailier capable de tout faire: défendre avec application, shooter, passer, effectuer des coupes. Celui qui relie les joueurs entre eux, qui apporte l’huile nécessaire au fonctionnement, qui fluidifie l’attaque autant que la défense. Résultat : 18 saisons en NBA et 1205 matchs de saison régulière. Classé 55e All-Time, dans les mêmes sphères que Shaquille O’Neal, Scottie Pippen ou encore Steve Nash.

Jamais titré, jamais All-Star, jamais à 20 points de moyenne, mais ce n’est pas le plus important lorsqu’on parle de Nicolas Batum.

C’est un exemple de professionnalisme et de polyvalence qui a sédui tous ses coéquipiers et des entraîneurs très référencés.

Ses agents l’ont dit… pic.twitter.com/LKF2yXd9NR

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) September 21, 2026

Et au moment de sa retraite, certaines phrases sonnent comme des révélations. « Il est le joueur le plus Spur’ à n’avoir jamais joué aux Spurs. » « C’est fou qu’il n’ait jamais évolué aux Warriors. » Toutes les équipes dotées d’un bon système collectif en place sont surprises de ne pas l’avoir compté dans leurs rangs. Le Français est une référence d’intelligence et de Q.I Basket. Une référence d’altruisme et de collectif.

Dans le cadre d’une interview pour notre média, Jérémy Medjana, agent de Nicolas Batum, avait déclaré que lorsque Batman était agent libre, 30 franchises en NBA étaient intéressées. Un vrai témoignage de son apport dans le vestiaire et sur le parquet. S’il avait voulu, à tout prix, devenir une star du scoring, il se serait sans doute perdu bien avant et aurait été moins apprécié par les Front Offices. Le Français a trouvé son rôle tout en sachant le faire évoluer.

Le glue-guy parfait, il l’a été à Portland puis lors de ses deux premières saisons à Charlotte. Ensuite, un contrat élevé et le désamour de James Borrego l’ont mené sur le banc de touche pendant deux années très compliquées avant de rebondir et de se muer en vétéran parfait. À Los Angeles et Philadelphie, l’ancien capitaine des Bleus est devenu un shooteur d’élite capable de défendre très, très fort. Moins de responsabilités dans la création mais le parfait 3&D. Il termine d’ailleurs sa carrière avec le 39e meilleur total de tirs à 3-points rentrés dans la Grande Ligue devant Kobe Bryant, Carmelo Anthony ou Steve Nash.

Nicolas Batum en NBA c’est :

  • 18 saisons
  • 11 553 points
  • 5 656 rebonds
  • 3 612 passes décisives

Un jeune 3&D polyvalent à Portland, des hauts puis des très bas à Charlotte avant un rebond en tant que vétéran exemplaire à Los Angeles et Philadelphie ! 🙌👏 pic.twitter.com/oWmIyYP9NU

— TrashTalk (@TrashTalk_fr) September 21, 2026

Une évolution donc, mais pas une révolution. Toujours, Nicolas Batum a été tourné vers le collectif. Curieux de savoir comment aider son équipe à être performante, comment aider son équipe à bien jouer au basket-ball, la passion de sa vie.

Tous les joueurs ne sont pas destinés à devenir des Franchise Players, il faut savoir l’accepter. Mais tous les joueurs ne sont pas destinés non plus à rester 18 ans en NBA en étant désirés par toute la Ligue. Ça demande une intelligence, sur et en dehors du terrain, du recul, de la classe et un immense talent. Soit la définition que l’on gardera de Nicolas Batum !