Mariano Rajoy répond aux critiques après avoir affirmé que l’équipe de France joue sans joueurs français

Après avoir affirmé il y a quelques jours que l’équipe de France joue « sans Français », l’ancien président du Gouvernement espagnol Mariano Rajoy est allé plus loin ces dernières heures et, loin de s’excuser pour cette première tribune qui avait déclenché une question diplomatique avec le pays gaulois, il a de nouveau ironisé dans une nouvelle publication. « En particulier, merci aux autorités pour l’attention qui m’a été accordée lors de ce Mondial », écrit l’ancien chef de l’État.

Sans revenir sur ses mots concernant les Bleus, lorsqu’il affirmait que la sélection de Kylian Mbappé avait « une formation de très haut niveau ; cela dit, sans Français » dans sa tribune de vendredi dernier sur le Mondial dans le journal numérique El Debate, le conservateur Rajoy est revenu à la charge ce mardi soir.

« Le chagrin, c’est que tant d’efforts consacrés à magnifier mes vertus les aient détournés d’autres questions (…) qui importent aux Espagnols », écrivait-il avec son ironie habituelle dans une autre tribune dans le même média, dans une nouvelle critique au gouvernement du socialiste Pedro Sánchez. Le texte de l’ancien président espagnol a été publié dans la soirée de ce mardi et commente la victoire de l’Espagne 2-0 sur la France en demi-finale du Mondial.

« Ce qui les intéresse davantage, c’est de prévenir un ministre étranger ou d’accoler une révérence à un premier ministre pour provoquer du bruit, distraire l’attention, brouiller les carte et tout cela pour que l’on ne parle pas de ce que nous vivons », insista Rajoy. Cela dernier est une référence à Sánchez, qui l’avait chargé de ses « déclarations xénophobes » et qui, mardi à Paris, a affirmé être « très honteux » lors d’une conversation avec le premier ministre français, Sébastien Lecornu, pendant les cérémonies liées à la Fête nationale française.

Aussi de manière indirecte, Rajoy a écarté l’idée de présenter des excuses, comme l’exigeait le gouvernement de Sánchez: « Eux ne demandent pardon pour rien. Cela, apparemment, revient toujours à d’autres. Vous savez déjà comment je suis et ce que je pense ».

Les propos de Rajoy, écarté du pouvoir en 2018 par une motion de censure dirigée par Sánchez, ont déclenché une véritable tempête en France, où plusieurs ministres et politiciens de tout l’échiquier ont exprimé leur indignation face à son « racisme » et sa « haine ».

La réaction de la France face aux propos de Rajoy

Le ministre des Affaires étrangères de la France, Jean-Noël Barrot, a qualifié les affirmations de l’ancien président espagnol sur l’équipe de football française de « stupidité, racisme ou une combinaison des deux ». Le chef de la diplomatie française a conclu la polémique ce lundi en déclarant, lors d’une interview télévisée, que « la France n’a pas de couleur de peau ».

Barrot s’est exprimé en accord avec d’autres responsables et membres du paysage politique français qui se sont montrés outrés par la polémique suscitée par les propos de l’Espagnol. La ministre des Outre-mer de France, Naïma Moutchou, du parti Horizons, a qualifié les mots de Rajoy de manifestation de racisme : « Après chaque victoire des Bleus, resurgissent les mêmes obsessions et insultes racistes. Il ne s’agit pas de ‘sorties de ton’. C’est une haine méthodique et banalisée envers la France et ce qu’elle représente ».

Le président de la Fédération Française de Football (FFF), Philippe Diallo, a lui aussi réagi avec sévérité: « Les propos de Rajoy évoquant l’équipe de France contiennent des résidus de racisme intolérables. Et remettent en cause l’atmosphère odieuse que génèrent ces relents rances. Nos joueurs n’ont aucun certificat de nationalité à recevoir d’un ancien Premier ministre espagnol. L’équipe de France est l’équipe de France », a-t-il déclaré.