Les Européens battent les All Blacks et les All Blacks inscrivent un nouvel essai historique lors d’une autre journée du Championnat des Nations

Le tournoi qui réunit les meilleures sélections du monde suit son chemin et s’échauffe. Il est encore tôt pour faire les comptes et spéculer, mais les prétendants se dessinent pour aller au bout du titre de la première édition du tout nouveau Nations Championship. La France, l’Irlande, l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande; l’Afrique du Sud–Écosse (12:40) et l’Argentine–Pays de Galles (16:10) formeront la programmation de la deuxième journée.

Lors d’une journée sans surprise dans les quatre premiers matchs, les All Blacks inscrivent un nouveau recordman historique. Avec son triplé contre l’Italie au Hnry Stadium de Wellington, Will Jordan atteint 50 essais et dépasse les 49 de Doug Howlett, un record qui tenait depuis 19 ans. Le remarquable ailier-arrière l’a accompli en 56 matchs et à 28 ans: il lui reste encore un long chemin à parcourir dans le rugby international.

Howlett a noté 49 essais en 63 tests entre 2000 et 2007 et, même si beaucoup s’en sont approchés, aucun n’avait pu franchir la cinquantaine. Joe Rokocoko a pris sa retraite avec 46 essais (en 68 tests) avant d’émigrer en France, tandis que Julian Savea a atteint le même chiffre (en 54 matchs) dans une carrière internationale qui s’est terminée à 27 ans. Beauden Barrett affiche 45 en 144 tests et est encore en lice, même s’il a perdu une partie de l’éclat de sa jeunesse.

Will Jordan, joueur éminent à une époque où les All Blacks comptent peu de figures flamboyantes, a débuté en 2020 face aux Wallabies. Ses premiers essais les a inscrits dès cette année-là face aux Pumas et, depuis lors, il est devenu un finisseur redoutable. Un arrière qui mêle explosivité, vitesse et élégance pour lever les yeux et repérer les espaces dans la défense adverse. Pièce maîtresse des Crusaders, multi‑champions, il a toujours été une valeur sûre des All Blacks, que ce soit sur l’aile ou en arrière. Il fut le meilleur marqueur de la dernière Coupe du Monde en France, avec huit essais. Contre les Pumas, il en a inscrit trois en demi-finale au Stade de France.

Dans le premier match de la journée, Jordan a inscrit un triplé dans la logique victoire 47-17 face à l’Italie. Bien que les Italiens, dirigés par Gonzalo Quesada, aient commencé en tête grâce à une percée de Tommaso Menoncello, leur iconique figure, le pays hôte a construit une victoire sans équivoque. L’expulsion de Niccolò Cannone a achevé de briser la résistance de l’Azzurra qui n’aura Domingo Miotti disponible que pour les tests de novembre. En Nouvelle-Zélande, Josh Moorby a effectué ses débuts, très actif après être entré sur l’aile, et Anton Segner, avec une particularité: il est devenu le premier joueur né en Allemagne à représenter les All Blacks.

Irlande, avec un score parfait

L’Irlande se maintient avec un score sans défaut. Elle n’a pas brillé, mais n’a connu aucun déraillement dans sa victoire 36-20 face au Japon, ce qui l’a obligée à déplacer son domicile en Australie, à Newcastle. Le Trèfle a présenté plusieurs visages nouveaux, dont Sean Jansen, né néo-zélandais et remarquable devant les Brave Blossoms. L’Irlande rencontrera son adversaire le plus redoutable le samedi suivant, lors de sa visite chez les All Blacks. Deux équipes qui visent une place en finale à Twickenham.

Brillèrent les Français

La France a offert une deuxième période flamboyante face aux Wallabies. En demi‑temps, elle était menée 21-12, mais a fini par s’imposer 42-26, avec de nombreuses phases de rugby champagne. Fabien Galthié continue de trouver des solutions; il a aligné ensemble Romain Ntamack et Matthieu Jalibert, ses deux meilleures ouvreuses, et elles ont fonctionné à la perfection. Jalibert s’est positionné en tant que fullback, mais les rôles ont été interchangeables et ils ont dirigé les attaques d’une équipe qui s’est épanouie après la pause à Brisbane. Le géant Emmanuel Meafou a inscrit un essai pour son pays natal, tandis qu’Aaron Grandidier-Nkanang, ancien emblème du seven, a débuté avec deux essais dans une sélection qui dispose d’options dans presque toutes ses lignes. Le champion des Six Nations est le candidat naturel pour être le meilleur de la Zone Nord. L’Australie, en revanche, ne trouve pas de solutions et a perdu neuf de ses dix derniers matchs. Contre l’Italie sera le dernier match de leur entraîneur Joe Schmidt.

Les Anglais ont balayé Fidji

Ce fut l’Angleterre qui a réellement réagi avec une démonstration écrasante de 73-8 contre Fidji, qui a subi l’expulsion irresponsable de Simione Kuruvoli avant la pause. Les Roses ont rapidement réglé un match à la pression, après cinq défaites consécutives. Pour des raisons logistiques, Fidji évolue habituellement sur un terrain qui n’est pas le sien et à Liverpool, l’une de ses prestations les plus ternes des dernières années: sans énergie, pleine d’erreurs de manipulation et d’indiscipline.

Dirigés par Steve Borthwick, les Anglais ont retrouvé le sourire à l’approche de leur voyage en Argentine, où ils affronteront les Pumas le 18 juillet, à Santiago del Estero. Fin Smith s’impose comme le 10 des Roses, tandis que Benhard Janse van Rensburg et Noah Caluori ont débuté avec un essai. Deux menaces dans cette Angleterre parfois hésitante. Caluori, âgé de 19 ans, est un athlète formidable doté d’une capacité de saut remarquable et se bat pour une place dans le onze de départ. La nouvelle mauvaise nouvelle pour La Rose a été la blessure d’Alex Mitchell, leur meilleur demi de mêlée, qui est entré en seconde période et a rapidement quitté le terrain pour une blessure au pied.