Il n’y a pas si longtemps, les Charlotte Hornets semblaient parmi les équipes les plus médiatisées de la NBA. Quarante-quatre victoires, une place en play-in, un LaMelo Ball enfin épargné par les blessures et un rookie baptisé Kon Knueppel qui enchaînait les performances à une vitesse folle. Le genre de saison qui pousse à penser que « cette fois, on tient quelque chose de sérieux ». Et pourtant…
Pour mesurer l’ampleur de cette déception, il faut remonter le fil des événements. Le début de la saison 2025-26 a donné le ton d’une équipe qui semblait s’enfoncer droit dans le mur : 4 victoires pour 14 défaites, Brandon Miller blessé dès le deuxième match sur une luxation à l’épaule, LaMelo Ball qui enchaînait les hauts et les bas. Un démarrage qui témoignait d’un tanking à peine déguisé. Puis, à partir de janvier, tout a changé. L’entraîneur Charles Lee a trouvé une formule qui fonctionnait, tout le monde est revenu sur pied simultanément, et Charlotte est devenu tout simplement la meilleure équipe de la ligue en net rating, affichant un incroyable +10,5 sur la fin de saison et la meilleure attaque de la NBA.
Le quintet Ball-Knueppel-Miller-Bridges-Diabaté, lorsqu’il tournait ensemble, atteignait des chiffres dignes d’un jeu vidéo : un rating offensif dépassant les 136. Ball et Knueppel ont terminé l’année aux deux premières places du classement des tirs à 3 points réussis dans toute la ligue. Ajoutez à cela un rookie capable de soirées à 20 points minimum et qui termine deuxième du Rookie of the Year, et vous obtenez la recette d’une équipe qui a fait rêver Charlotte pour la première fois depuis longtemps. Résultat : 44 victoires, un retour en Play-In, et une communauté de fans qui retrouva le goût du basket et des rêves dans les yeux.
LE TIR DE DINGO COBY WHITE 😱😱😱
HORNETS STILL ALIVE pic.twitter.com/IQzYvSABgT
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Sauf que voilà : ce collectif qui faisait tant vibrer reposait sur un ingrédient précis, et c’est précisément celui-là qu’on a sorti de la recette cet été. LaMelo Ball. Le moteur qui faisait tourner toute la mécanique offensive, celui qui ouvrait le jeu pour que Knueppel puisse catch-and-shoot sans réfléchir et que Miller trouve ses spots. Le retirer, c’est un peu comme enlever le liant d’une sauce : les ingrédients sont encore là, mais plus rien ne les tient ensemble de la même façon.
Le Front Office dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux parle d’un pas en arrière pour mieux repartir de l’avant : on recrute Naz Reid, une brouette de picks et de swaps, et on mise probablement sur le fait que la santé chronique de Ball finira par le rattraper sur la durée. Sur le papier, ça se défend. Dans les faits, pour des fans qui venaient tout juste de retrouver une raison de vibrer après une décennie sans Playoffs, la pilule est difficile à avaler. Il leur est redemandé d’être patients pile au moment où ils n’avaient plus besoin de l’être. Et comme si ça ne suffisait pas, Knueppel, celui-là même qu’on désigne comme le nouveau visage du projet, se blesse à l’ischio en plein été et loupera toute la présaison. Le timing est cruel, presque théâtral.
🚨🚨🚨 Alerte : LAMELO BALL chez les WOLVES !!!!
OH, CE TRADE DE ZINZIN https://t.co/HB2mNRxmcD
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) June 25, 2026
Alors oui, sur le papier, cela pique. Mais prenons un instant pour évaluer ce que Charlotte tente vraiment de bâtir, car il existe une vraie logique et une cohérence derrière cet assemblage. D’emblée, l’équipe demeure une machine à shooter adaptée au basket moderne. Knueppel, leader du classement des points en catch-and-shoot, est un pur réflexe de tir qui colle parfaitement à l’orientation du jeu actuelle. Naz Reid, Greyson Allen et Royce O’Neale s’ajoutent à un groupe qui procure du mouvement pour les tirs : Charlotte empile les artilleurs dynamiques, exactement le genre de profils qui peut faire gagner des matchs en 2026. Avec Moussa Diabaté qui prend en charge les rebonds offensifs, l’objectif est de dominer la bataille des possessions. Sur le papier, l’attaque de demain ressemble presque plus à ce que le basket est devenu qu’à ce qu’il était hier.
Ensuite, il faut saluer Jeff Peterson et sa direction pour leur approche qui rappelle Moneyball. Vous vous souvenez peut-être du film où les Oakland A’s cessent de miser sur les talents bruts et sur le battage médiatique pour privilégier la valeur réelle et l’accumulation d’actifs sous-évalués, avec des profils plus ciblés ? C’est un peu la même philosophie ici. Plutôt que de s’accrocher à un joueur électrique mais fragile sur le papier, Charlotte a choisi de transformer cet actif en une montagne de choix de Draft et de swaps, misant sur sa capacité à dénicher de la valeur année après année plutôt que de tout miser sur une star unique, parfois irrégulière. C’est un pari froid, presque cynique sur le plan émotionnel, mais c’est aussi exactement le genre de stratégie qui, lorsque elle porte ses fruits, permet de bâtir des franchises qui tiennent sur la durée. Reste à voir si les dés tomberont du bon côté. Mais une chose est certaine : Charlotte n’a pas décidé de tout recommencer sans plan. Ils ont juste estimé qu’un pas en arrière valait mieux qu’un plafond bas atteint trop tôt.