Derik Queen : promesses et le poids du projet de Joe Dumars

Puisque plus grand monde ne croit en Zion Williamson, le nouvel espoir bien en chair dans la raquette des New Orleans Pelicans s’appelle Derik Queen. En douze mois, le pivot a montré de très belles choses, mais porte sur ses épaules le poids d’une des premières décisions contestées de Joe Dumars.

À l’approche de la Draft 2025, Derik Queen était le chouchou d’une large frange des observateurs. Un intérieur à l’allure d’antan, ni très grand, ni particulièrement athlétique, mais doté de mains d’orfèvre et d’un poste à solidifier dans les écoles de basket. Malheureusement, l’euphorie a vite laissé place à l’inquiétude lorsqu’il a été envoyé aux Pelicans de la Nouvelle‑Orléans au terme d’un échange pour le moins contesté orchestré par Joe Dumars. Et un an plus tard, où en est la progression du passé parmail du Maryland ?

Une saison rookie séduisante

Dès douze rencontres disputées, les indices sont clairs. Derik Queen a franchi sept fois le cap des dix points et a même infligé 26 unités contre Portland. Le rookie devient titulaire et devient le visage de la franchise. Dans la Nouvelle‑Orléans, il n’est pas nécessaire d’en faire énormément pour accéder à ce rôle.

Pourtant, ce nouveau statut ne l’effraie pas, bien au contraire. Il affiche 30 points et 9 rebonds face à Nikola Jokić avant d’exécuter un double-double points – passes décisives contre Dallas deux jours plus tard, prouvant sa polyvalence. Défensivement, les choses se compliquent davantage, mais sa intelligence de jeu et sa vision de l’attaque séduisent les observateurs les plus exigents.

Derik Queen 30 PTS (12/18 FG), 9 REBS, 4 ASTS, 2 STLS, 2 BLKS on 70% TS vs Nuggets

15 en Q4 👀 https://t.co/4oV39IWR6A pic.twitter.com/hno8NCqjjO

— NBA Performances (@NBARewinds) November 20, 2025

Après un triple-double fracassant contre les Spurs (33 points, 10 rebonds et 10 passes), c’est carrément l’ailier‑fort le plus mythique de l’histoire de la NBA qui est sous le charme.

« Mec, j’aime vraiment bien ce Derik Queen » – SMS envoyé par Tim Duncan à Antonio Daniels

Antonio Daniels during the broadcast: « Tim Duncan just sent me a text… he said ‘man I really like that [Derik] Queen guy’ pic.twitter.com/LRJbwjbku2

— MrBuckBuck (@MrBuckBuckNBA) November 9, 2025

Son mois de décembre est excellent, digne d’un titre si Cooper Flagg n’existait pas. En moyenne, 15 points, 8,4 rebonds et 5,0 passes décisives, ce qui est très fort et insuffle de l’espoir à toute la Louisiane.

La deuxième partie de saison se révèle plus complexe. Derik Queen heurte le mur et n’en sort pas véritablement. Il sort du cinq et voit sa régularité s’effriter, même si certains éclats restent remarquables comme en témoigne Karl‑Anthony Towns :

« Tu (Derik Queen) es déjà superbement talentueux. J’ai été aux premières loges pour le constater. »

Derik Queen asked Karl-Anthony Towns for advice after Game 1 of the NBA Finals:

“You are already superbly talented, I’ve seen it firsthand.” pic.twitter.com/rCwnqCedbp

— NBARetweet (@RTNBA) June 4, 2026

Les deux derniers rendez‑vous de la saison régulière servent de rappel avec 25 points et 11 rebonds à Boston avant d’enchaîner avec un énorme 30 points et 22 rebonds dans le Minnesota, ce qui tend à asseoir son statut dans la NBA All‑Rookie Second Team qui lui était déjà destiné.

Le pivot est talentueux en attaque, c’est une évidence. Pour l’instant, il manque de régularité et d’efforts de l’autre côté du parquet pour s’imposer comme un bon titulaire dans la Grande Ligue. Il n’est pas aidé non plus par un entourage en mouvement constant, entre l’ancienne présence de Kevon Looney, les allers et venues de Zion Williamson et la concurrence d’Yves Missi. Pour exploser cette saison, Derik Queen a besoin d’un cap clair et d’une stabilité durable dans son rôle et son entourage.

Une étiquette difficile à enlever

Surtout que l’intérieur du Maryland est scruté comme jamais pour un choix 13e, le résultat de la décision de Joe Dumars. Après avoir pris l’initiative étonnante de s’attacher les services de Jordan Poole pour deux ans en échange du finissant C.J. McCollum, le président des opérations basket-ball a, comme deuxième mouvement après son intronisation, pris un pari énorme.

Monter de dix places à la Draft 2025 pour dénicher Derik Queen tout en abandonnant à Atlanta un premier tour non protégé en 2026. Un an après, les Pelicans s’en tirent presque sans dégâts en ne lâchant qu’un huitième choix aux Hawks, mais si Kingston Flemings brille, Derik Queen finira inévitablement au cœur des discussions. Et même en cas d’échec, ce choix insensé demeure aujourd’hui une grosse marque sur le CV du nouveau Front Office. Une tache qui s’est installée dans une franchise qui n’avait pas besoin d’un tel épisode.

The Hawks’ front office “could not believe” the Pelicans were including next year’s unprotected 1st-round pick in their draft day trade, per @FearTheBrown

They even called Joe Dumars directly to triple check, and the Pelicans GM confirmed his interest. (h/t @YourManDevine) pic.twitter.com/3Svy37aP27

— Legion Hoops (@LegionHoops) July 3, 2025

Donc imaginons que la deuxième saison du pivot suive le même chemin que son début d’année 2026. Un joueur qui n’a pas assez d’impact offensif pour compenser sa faiblesse défensive au point que James Borrego choisisse régulièrement d’aligner un frontcourt avec Zion Williamson en five. Les critiques seraient probablement sévères.

Surtout que désormais Jamahl Mosley, très attaché à ses principes défensifs, arrive en ville et pourrait sûrement tomber amoureux d’un profil similaire à celui d’Yves Missi. Toutes les options restent ouvertes pour les Pelicans, ce qui n’est pas forcément rassurant.

Le meilleur scénario

Derik Queen montre directement qu’il a passé un cap cet été et devient le fer de lance offensif de New Orleans. Zion Williamson, avec qui la connexion sur le parquet n’est pas évidente, ne brille toujours pas et est transféré à la Trade Deadline. Le pivot devient la référence dans la raquette, sans pression de victoires et une vraie base se forme chez les Pels autour de son tandem avec Jeremiah Fears.

Jeremiah Fears & Derik Queen

21-3-5, 7/13 FG; 21-8-6, 8/15 FG pic.twitter.com/r2jAD1WXpC

— Brett Usher (@UsherNBA) December 3, 2025

Trey Murphy III devient une pièce importante, qu’il reste ou qu’il parte. Il peut être le tireur qui permet au duo de tourner ou bien devenir une base de transfert idéale pour attirer d’autres jeunes intéressants dans l’effectif. Une timeline (et une seule) se dessine : attention, la franchise pourrait être très intéressante dans deux ou trois ans.

Le pire scénario

Jamahl Mosley perçoit aussi bien les défauts que les qualités de Derik Queen et opte pour Yves Missi, plus complémentaire avec Zion Williamson. Le duo devient la seule source de satisfaction des Pelicans pendant que la franchise peine, encore et toujours, à progresser.

Pendant ce temps Kingston Flemings s’éclate à Atlanta et son potentiel ne fait aucun doute. Pour laver « l’affront », Joe Dumars tente d’autres moves qui font lever les sourcils des observateurs…

On ne leur souhaite pas.