On repart pour un nouveau tour. Quatorzième saison NBA sous la bannière TrashTalk. Après toutes ces années ? Des folies à n’en plus finir, peu de sommeil, un corps qui signale qu’il faut lever le pied. L’envie de se reposer se fait sentir, parfois, souvent, mais cette année, il y a une envie énorme, immense, de NBA. Et pour être franc, cela fait longtemps que je n’avais pas été aussi enthousiaste à l’idée d’un début de saison.
Tout n’est pas à plaindre de mon côté.
Rédacteur en chef d’un média focalisé sur la NBA dans les années 2010, j’ai suivi presque intégralement les trajectoires de LeBron James, Kevin Durant et Stephen Curry, soit trois des dix meilleurs joueurs de l’histoire. Et quand je repense à ce moment où je les ai presque tous croisés lors d’une soirée d’août 2024, les poils se hérissent et les larmes me montent encore. Tout cela pour dire que j’ai savouré des années durant le caviar journalistique avec TrashTalk, avec une NBA qui se réinvente saison après saison, avec l’arrivée à chaque automne de nouvelles machines humaines, et avec l’émergence de dizaines de joueurs français.
J’ai l’habitude de dire que la saison 2015-16 fut un point d’orgue émotionnel pour la ligue. Le show Curry, les 73 victoires des Warriors, le duel de dunks entre Aaron Gordon et Zach LaVine, les adieux de Kobe Bryant mais aussi de Kevin Garnett et Tim Duncan, des playoffs de folie et, bien sûr, cette finale époustouflante Warriors-Cavaliers. The Shot, The Block, et une empreinte indélébile sur une saison au sommet à tous égards.
Mais vous savez quoi ? J’ai l’impression que cette année peut encore excéder tout ce que l’on a vu auparavant.
Il y a quelque chose dans l’air, à peine 36 heures avant l’ouverture officielle de la campagne.
Déjà des traces d’un esprit résolument français dans l’air. Une saveur façon Wemby. Quelque chose qui se profile comme un potentiel de MVP, ce qui serait évidemment inédit pour un joueur tricolore. Vous connaissez ce sentiment d’un besoin impérieux de ne pas manquer un seul geste, de peur de rater la prochaine folie sur le parquet. Je l’ai vécu en 2016 avec Stephen Curry, et je le vis aujourd’hui avec Victor. Cette obligation de ne rien laisser passer, car Wemby peut à tout instant inventer une feinte qui éclaire la nuit.
Et dans son sillage ? Quinze autres Français. Quinze ! Rudy Gobert en tête chez les Wolves, les jeunes Alex Sarr, Zaccharie Risacher, Bilal Coulibaly, Maxime Raynaud, Moussa Diabaté qui peuvent réellement peser dans leurs franchises respectives, et une quincaillerie d’autres talents qui ne sont pas là pour prendre le chemin le plus court. Chaque soirée, une demi-douzaine de Bleus, et chaque nuit énormément de raisons de rester collés au NBA League Pass.
Et puis, beaucoup de nouveautés cette saison ! D’abord, le retour d’un Est qui tient la route, avec des échanges spectaculaires pendant l’intersaison. Giannis Antetokounmpo a rejoint le Heat, LeBron James et Jaylen Brown évoluent à Philadelphie, Kawhi Leonard est revenu à Toronto, et tout cela commence à envoyer du lourd. Ajoutez les Pacers finalistes en 2025 qui retrouvent Tyrese Haliburton, les Knicks champions en titre, les Pistons premiers l’an dernier et les Celtics toujours là, Trae Young et Anthony Davis à Washington… ça donne une Conférence Est de zinzin, ouverte comme rarement sur les places 1 à 8, avouons-le, ça donne faim.
À l’Ouest ? Aussi bien, voire mieux. Victor Wembanyama va continuer de nous offrir ses facéties, et la rivalité entre le Thunder et les Spurs s’annonce incroyable. Les Rockets avec le retour de Fred VanVleet, les Wolves et leur nouveau meneur LaMelo Ball, les Lakers de Luka Dončić et les Nuggets du génie Jokic, renforcés par DeMar DeRozan, ne sont pas loin derrière, tout comme les Blazers d’un duo – sur le papier – Damian Lillard – Ja Morant. Beaucoup de nouveautés, de quoi nourrir une hype incroyable !
Ah tiens, on vous parle des rookies ? Pfiou… AJ Dybantsa (Wizards), Cameron Boozer (Grizzlies), Darryn Peterson (Jazz) et Caleb Wilson (Bulls) affichent tous une belle gueule de Rookie Of The Year, dans une cuvée qui pourrait bien être l’une des meilleures de ces dernières années. Bref, de quoi se délecter sur absolument TOUS les matchs NBA dès le début de saison, de minuit à sept heures du matin, les cernes reviennent… Alléluia.
Voilà pourquoi j’en suis si enthousiaste dès l’aube, voilà pourquoi j’ai l’impression que cette saison, la NBA va m’emmener dans des sphères presque inatteignables depuis quinze ans. Ça débute demain soir, et je n’ai jamais été aussi impatient.