Édito. Depuis 2023 à la tête du front office des Warriors, Mike Dunleavy n’a jamais vraiment réussi à doter ce groupe des outils nécessaires pour évoluer parmi l’élite. Les intersaisons difficiles se succèdent… jusqu’à quand ?
On peut aisément comprendre la difficulté de remplacer Bob Myers. Celui qui a porté la dynastie des Warriors a accompli un travail colossal pour asseoir la suprématie de la franchise sur plusieurs saisons. Après un dernier sacre en 2022, Myers a quitté le club à l’approche de l’été suivant, laissant à Mike Dunleavy la lourde mission de faire aussi bien, voire mieux, que son prédécesseur.
L’objectif affiché était clair : aider Stephen Curry à décrocher sa cinquième bague, couronne qui viendrait enrichir une légende déjà monumentale. Traduire ce rêve en réalité aurait été le comble du succès; en coulisses, la réalité s’est avérée nettement plus sombre.
Le quotidien des Warriors s’est assombri, aussi glacé que les eaux qui entourent la Baie de San Francisco. Bien loin des couleurs, des sourires et de la magie qu’on leur connaît par le passé. Une question demeure : est-ce qu’un seul homme porte l’échec sur ses épaules ? Plutôt que d’accabler Mike Dunleavy, prenons le temps d’évaluer son travail de manière objective.
Mike Dunleavy, c’est aussi l’épisode Jimmy Butler. Le coup d’éclat sur la table, le nom lourd venu de Miami où la relation joueur-organisation était devenue difficile, ont suscité quelques semaines d’espoir, juste avant les Playoffs. Leur parcours en post-saison fut écourté par des blessures, et le seul passage en Playoffs sous sa direction remonte à un peu plus d’un an et demi, face aux Rockets.
Depuis lors, on a assisté à un mélange entre feinte prudence et une certaine méconnaissance, en apparence, des besoins réels du groupe. Certes, la blessure de longue durée de Butler a été un véritable coup dur, mais c’est malheureusement le lot du métier.
L’intersaison 2025 n’a pas été plus reluisante. Le dossier Kuminga, traînant tout l’été, a laissé les Warriors avares de la free agency limitée à quelques miettes : Seth Curry, De’Anthiny Melton, Al Horford. L’impression — subjective, selon nous — d’une compétence en sommeil.
Et que peut-on alors espérer avec un tel profil de recrutement ? Un Top 15 à la Draft serait déjà mieux, mais les Playoffs restent hors de portée. Et malgré les éclats de Stephen Curry, l’équipe continue de décevoir. Spoiler : c’est exactement ce qui s’est produit, et cela malgré l’arrivée de Kristaps Porzingis cet hiver.
C’est un dossier qui résume presque à lui seul les questionnements qui entourent le GM des Warriors. Un joueur souffrant de tachycardie qui l’obligeait parfois à stopper son effort sans signe d’alerte évident. Dunleavy en était conscient, mais il fallait une voix à l’intérieur. Un nom peut-être pour répondre aux attentes des fans et de la stratégie, surtout dans une Conférence Ouest où les pivots dominent les débats. Une recrue qui, vraisemblablement, n’a pas eu l’impact souhaité sur le terrain.
L’intersaison 2026 ne change pas la donne. Des arrivées anecdotiques au cœur d’un été qui aurait dû permettre aux Warriors d’attirer une star. Kawhi Leonard libre, LeBron James libre, Giannis Antetokounmpo libre, Jaylen Brown libre. Mais qui serait prêt à signer pour rejoindre un collectif moyen, qui n’a même pas conservé Quinten Post, pivot remplaçant pourtant capable de prendre des tirs lointains — un atout rare en NBA ? L’intérêt n’est pas vraiment là.
Et au final, c’est Dalen Terry, Brandon Williams, George Niang et Alex Toohey qui composent l’effectif. La seule satisfaction vient de la Draft, avec le prometteur Yaxel Lendeborg. Et la prolongation de Stephen Curry – mais aurait-on pu faire autrement face à l’attachement du Chef pour la Baie ? Un attachement parfois… presque désespérant.