Julián Álvarez, piégé dans un labyrinthe: sans Barça ni Arsenal, forcé de se réconcilier avec l’Atlético de Madrid

Julián Álvarez traverse le moment le plus délicat depuis son arrivée à l’Atlético Madrid. L’attaquant argentin a exprimé d’abord en privé puis publiquement son souhait de changer de club, mais le scénario qu’il avait en tête s’est transformé en une sorte de cul-de-sac. À quelques jours de la clôture du mercato, l’impression qui ressort de la description faite par une note du journal Marca est celle d’un footballeur piégé entre ses ambitions personnelles, la fermeté de son club et un mercato qui ne lui offre pas encore de solution.

Son mécontentement, son agacement et sa sortie en solitaire vers les vestiaires ont été particulièrement éloquents lors du match nul d’hier entre l’Atlético de Madrid et Villarreal (2-2). Le premier obstacle est le plus évident : l’Atlético n’a pas l’intention de le laisser partir. Et il n’en va pas davantage, de le priver d’un renfort dans une équipe de La Liga comme le Barça. Selon le quotidien madrilène, depuis l’entité rouge et blanche, on a déjà fait comprendre que son objectif prioritaire est inatteignable. Le club estime que sa sortie ne serait possible que si le Barcelona payait les «500 millions d’euros de sa clause», une somme qui rend ce scénario pratiquement irréalisable.

La situation est d’autant plus gênante que le désir du joueur n’est plus un secret. Dans l’article, Marca rappelle qu Álvarez a verbalement exprimé «son souhait d’être transféré cet été» et que ce message a fini par susciter une réaction hostile de la part des supporters. Les sifflets reçus au Metropolitano ce dernier dimanche reflétaient l’inconfort d’une partie importante des fans, qui ont interprété ses mots comme une invitation à quitter le projet.

Cette tension avec la tribune est devenue un autre front ouvert pour le champion du monde. Même le club a tenté de le préserver d’une exposition accrue. En effet, la note indique que dimanche dernier on lui a conseillé «de ne pas aller saluer la foule après la fin du match afin d’éviter une nouvelle grosse bronca» — l’épisode illustre jusqu’où la relation avec le public s’est détériorée ces dernières semaines.

Pourtant, l’Atlético n’entend pas non plus le stigmatiser. Diego Simeone a déjà annoncé que, une fois la vente exclue, il travaillerait pour le récupérer sur le plan sportif. Le vestiaire s’est aussi resserré autour de l’Argentin. Selon l’article, l’objectif des coéquipiers est «d’apporter leur soutien à Julián jusqu’au dernier jour où il portera les couleurs rojiblancas» et on cite le gardien Oblak, qui s’est exprimé à propos de lui après le nul 2-2 face à Villarreal, dans cette optique de le soutenir émotionnellement. Le message est clair : le club veut tourner la page et reconstruire une relation qui paraît aujourd’hui érodée. «Le club tente de normaliser son quotidien», peut-on lire dans la note.

La référence qui revient sans cesse est celle d’Antoine Griezmann. Marca affirme que «seulement le ‘pardon’ que Griezmann s’est gagné sur le terrain autrefois peut constituer la solution». Autrement dit, la réconciliation avec le public ne passerait pas par des déclarations, mais par des buts, des prestations et de l’engagement. La formule a déjà fonctionné avec le Français et les responsables de l’Atlético pensent qu’elle pourrait se reproduire.

Si Barcelone semble fermer une porte, Arsenal n’apparaît pas non plus comme une fuite aisée. Le joueur lui-même garde des doutes quant à cette destination. Marca assure que «il n’est pas séduit par l’idée de jouer dans un autre club que le Barça» et que sa préférence reste de jouer en Espagne. De plus, l’avant-centre se montre «très réticent à revenir en Premier» après son passage par Manchester City et pour des raisons personnelles liées à son entourage familial.

Il n’existe pas non plus d’accord entre les institutions. Bien que Mikel Arteta l’accueillerait à bras ouverts, les négociations n’ont jamais réellement avancé. Marca souligne que «les contacts entre Arsenal et l’Atlético n’ont pas permis de trouver un terrain d’entente». Le club anglais n’a jamais transmis une offre comparable aux 150 millions d’euros que, selon l’information, le Real Madrid aurait été prêt à proposer, tandis que d’autres formules avancées n’ont pas convaincu les dirigeants rojiblancos.

C’est pourquoi, dans les bureaux du Metropolitano, le message est sans détour. La phrase qui résume la position du club est catégorique : «il n’y a pas de sortie». Une conclusion qui se répète dans l’intégralité des informations de Marca et qui explique pourquoi l’attention n’est plus portée sur les acheteurs potentiels, mais sur l’adaptation du joueur à une réalité qu’il n’avait pas envisagée.

Il reste encore une semaine de mercato et l’agent Fernando Hidalgo pourrait tenter de relancer l’option anglaise. Cependant, même cette éventualité est entourée d’obstacles économiques et sportifs. L’analyse elle-même conclut que l’opération nécessiterait un investissement extraordinaire pour les standards habituels de la Premier League. D’où le verdict final : «Affaire compliquée. Solution presque impossible», affirme dans une autre note le Diario As.

Ce média détaille un aspect technique et explique : «Il existe des raisons fiscales qui expliquent cela et qui compliquent encore davantage un éventuel transfert de Julián vers l’Arsenal. L’amortissement des transferts réduit le bénéfice imposable annuel et, par conséquent, l’impôt sur les sociétés. De plus, il est encouragé de réinvestir les gains du marché sans payer d’impôt immédiat sur la plus-value grâce à l’exonération pour réinvestissement d’actifs (Roll-over relief). Enfin, dans les transferts nationaux entre clubs britanniques, la TVA de 20 % appliquée à la transaction est entièrement déductible et récupérable puisqu’il s’agit d’entreprises commerciales».

Ainsi, Julián Álvarez se retrouve aujourd’hui dans une position inconfortable. Il a voulu partir, l’Atlético lui a claqué la porte au nez, le Barça apparaît comme une option inaccessible et l’Arsenal ne se concrétise pas. Dans ce contexte, l’attaquant semble condamné à reconquérir une tribune qui le regarde aujourd’hui avec méfiance. À moins d’une surprise de dernière minute, son avenir immédiat ne dépend plus de trouver une issue, mais de trouver la manière de reconquérir sa place au sein de l’Atlético de Madrid.